PORTRAIT DE JASURBEK JALOLIDDINOV, LE REVENCHARD MENEUR DE JEU OUZBEK

Publié le 23 avril 2024 à 09:23

Nom : Jaloliddinov
Prénom : Jasurbek
Lieu de naissance : Navoï, Province de Navoï, Ouzbekistan
Date de naissance : 15/05/2002
Poste : Milieu offensif
Valeur Transfermarkt : 700.000 €

📸 Jaloliddinov Jasurbek / Crédit : Tribunestéphanoise

PARCOURS 

L’Ouzbekistan est engagée depuis une grosse semaine dans la Coupe d’Asie U23. Sans Abdukodir Khusanov et Abbosbek Fayzullaev pour les phases de poules, les jeunes ouzbeks ont pu compter sur leur capitaine : Jasurbek Jaloliddinov. L’homme aux 35 sélections en U23 y est présent depuis ses 17 ans. Pourtant, contrairement à ses coéquipiers de l’époque comme Khozhimat Erkinov ou Ostonbek Urunov, il n’a a eu qu’une seule occasion de porter le maillot de l’équipe A du pays d’Asie Centrale, et n’a jamais sû s’y imposer. Cela témoigne un début de carrière compliqué. Formé à Bunyodkor, il a donc cotoyé Abdukodir Khusanov, le lensois. À 18 ans, Jasurbek décide de partir en Russie, destination majeure des jeunes ouzbeks prometteurs, du côté du Lokomotiv Moscou. Le coût de son transfert est quasiment d’un million d’Euros, une somme conséquente. Jamais convoqué pour les matchs et peu performant à l’entraînement, il est prêté en deuxième division à Tambov, où il ne joue qu’un petit bout de match en quatre mois. Il repart donc libre après moins d’un an en Russie, direction Andijon, un club modeste du championnat ouzbek. Après un passage plus prolifique ensuite au Lokomotiv Tashkent, Jaloliddinov retente une nouvelle aventure européenne. Il est prêté au Kairat Almaty, dans le championnat kazakh. Cela ne passe pas bien non plus, et le joueur va donc finir par rester en Ouzbekistan. Il enchaîne les clubs du bas de tableau, avec le Lokomotiv, puis le FC Olympic, avant un transfert cet hiver au Neftchi Fergana, qui est actuel deuxième d’Ozbekiston Superligasi.

QUALITÉS ET DÉFAUTS 

Souvent positionné en numéro 10, juste derrière l’attaquant, Jasurbek est aussi capable d’évoluer un cran en dessous dans un milieu à trois, où à un poste de faux ailier, à droite ou à gauche. Dans ces conditions, il peut exprimer pleinement ses qualités de meneur de jeu. En sélection U23 comme dans son club, il est souvent à la construction des actions décisives. Percutant, vif et parfois explosif, il aime autant les grands espaces que ceux plus restreints. Il prend du plaisir à dribbler, et cela se voit dans ses yeux. Il n’hésite pas d’ailleurs à partir de très bas pour s’offrir de belles chevauchées à travers la défense, avant de décaler dans la profondeur, ou sur un côté, toujours conscient des mouvements de ses partenaires. Même si sa qualité de passe est encore perfectible, elle s’est grandement améliorée avec le temps et l’expérience pour se mettre au service de sa vision du jeu. Ce spectre assez large de qualités lui permet un bonne adaptabilité tactique. Lui-même bouge beaucoup verticalement et parfois horizontalement au cours d’un match. En phase défensive, Jaloliddinov descend parfois très bas pour presser et construire une fois la balle regagnée par son équipe. Puis il se retrouve en phase offensive au niveau de l’avant-centre, pour prendre par exemple sur les centres le poteau qui n’est pas pris, ou jouer les seconds ballons. Ses dribbles dans la surface provoquent régulièrement des penaltys, qu’il se charge parfois de transformer. Car si c’est un grand créateur, c’est aussi un bon finisseur. Notamment sur sa spécialité : les coup- francs. Rapides, tendus, et toujours précis. Dans un match compliqué, face à un bloc bas, il est aussi capable de déclencher une frappe puissante venant de nulle part, et pouvant terminer au fond des filets. Jasurbek est donc un joueur très complet. Si l’on veut nuancer, il a cependant trois défauts majeurs. Le premier est son physique encore un peu juste dans les duels. Le second est sa tendance à trop en
faire avec le ballon. C’est un esthète, un joueur qui aime le dribble, qui aime avoir le ballon. Mais il oublie parfois de le redonner. C’est un problème qu’il est cependant en train de gommer. Enfin, son troisième défaut est sa tendance à disparaître au cours du match, et son irrégularité de manière générale. À son meilleur niveau, il est un des meilleurs milieux d’Asie. Mais il ne le montre pas tout le temps. C’est dû à des sautes de concentration, et peut-être aussi à certains blocages de son début de carrière en dent de scie.

📹 Quelques actions pêle-mêle de Jaloliddinov en 2024. 

AVENIR

Etre capitaine d’une des meilleures sélections jeunes du continent, ce n’est pas rien. C’est la preuve que malgré ce début de carrière compliqué, Jasurbek Jaloliddinov a mûri. À bientôt 22 ans, il sera peut-être possible de tenter une nouvelle expérience européenne, et de suivre les traces d’Eldor Shomurodov et Abdukodir Khusanov. Lui qui a déjà joué 110 matchs en club dans sa carrière. Son profil pourrait être intéressant à Saint-Etienne, offrant une alternative plus complète à Benjamin Bouchouari ou Dylan Chambost. Néanmoins, il faudrait qu’il se muscle un peu plus pour tenir le choc physique du football français, principal frein à l’arrivée de joueurs asiatiques dans l’Hexagone.

✍🏻 Killian Besson

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